Le cas du shampooing doux So’ Bio Etic.

Il y a quelques temps, en faisant les courses, Monsieur Bio décide de s’acheter un nouveau shampooing pour prendre la suite de celui qu’il venait de terminer (pour tout vous dire, il finissait en fait mon shampooing Coslys pour cheveux colorés qui marche du coup plutôt pas mal pour les cheveux un peu secs).

Il opte alors pour le shampooing doux Niaouli et Guarana de la marque So’Bio Etic, qui se trouve facilement et qui a l’avantage de ne pas être trop cher (aux alentours de 5 euros le flacon de 250 ml). Il vient tout juste de le terminer et on ne le rachètera pas ; je vous en dis plus dans la suite de l’article !

shampooing léa nature


Ce shampooing est certifié Ecocert et il est indiqué sur l’étiquette à l’arrière que :
– 99 % du total des ingrédients sont d’origine naturelle
– 10 % du total des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique.

On peut également lire que « le cœur de la formule 100% d’origine végétale est enrichi en jus reconstitué d’aloé vera aux propriétés adoucissantes ».

Il est made in France et la marque So Bio Etic’ appartient au groupe Léa Nature qui reverse 1% de son chiffre d’affaire à la protection de l’environnement.

De plus le flacon plastique ne contient ni phtalates, ni bisphénol.

Voilà pour les arguments rassurants avancés par la marque !

Je vous mets ci-dessous un tableau listant tous les ingrédients, par ordre d’apparition sur l’étiquette. Le premier ingrédient (l’eau dans notre cas) est donc celui présent en plus grande quantité, et le dernier (ici, le sodium benzoate), en plus faible quantité.

Je ne vais pas faire une analyse de composition détaillée, mais plutôt m’arrêter sur les principaux motifs de notre insatisfaction.

Shampoing-Lea-Nature

On remarque donc tout de suite que l’ingrédient naturel présent en plus grande quantité est tout bêtement l’eau ! Attention, je ne dis pas que c’est mal, c’est même logique et tout à fait classique pour un shampooing liquide.
Ce que je dis en revanche, c’est que c’est néanmoins bien pratique quand on veut pouvoir afficher 99% d’ingrédients d’origine naturelle… 😉

Car oui, vous vous êtes déjà certainement posé la question : pourquoi mon produit est-il à 99% naturel, mais seulement à 10% bio alors que tous les composants végétaux viennent de l’agriculture bio ?
L’eau n’étant, par nature, pas certifiable, vous avez la réponse…!

Ensuite, on voit également que les soi-disant extraits végétaux présents (aloé vera, niaouli et guarana), arrivent seulement après l’acide déhydroacétique dont la concentration maximale autorisée par l’UE dans ce type de produit est de 0,6%.
A mon sens on ne peut décemment plus imaginer qu’ils aient un quelconque effet avec une présence aussi faible ; ils servent donc uniquement d’argument marketing sur l’avant du packaging, ce qui a tendance à me mettre de plus en plus en colère !

Troisième point noir, et pas des moindres, la présence d’Ammonium Lauryl Sulfate (ALS), un tensioactif fortement irritant mais toléré par Cosmébio et Ecocert.
Ce tensioactif est déjà, en lui-même, un problème, mais le fait qu’il se trouve de plus tout en haut de la liste des ingrédients devrait suffire à nous convaincre de ne pas acheter ce produit.
Il est utilisé car son coût est moindre par rapport à d’autres tensioactifs meilleurs pour la peau.

Le second tensioactif de la liste, appelé cocamidopropyl betaine, est à priori plus doux mais je ne suis pas sûre qu’il soit à privilégier non plus. Des alternatives encore plus douces existent, comme par exemple le decyl glucoside (lui aussi présent dans notre shampooing d’ailleurs), ou le coco glucoside.

Vous pouvez jeter un coup d’œil sur cette page de l’Observatoire des Cosmétiques pour en savoir un peu plus sur les différentes bases lavantes.

En conclusion, il est facile de comprendre pourquoi ce shampooing est peu onéreux : il utilise principalement des matières premières peu chères, et ne contient pas réellement d’actifs végétaux. Son impact global sur l’environnement est probablement moindre que celui d’un shampooing « classique », par contre, son impact direct sur l’utilisateur si je puis dire (!) n’est pas franchement différent.
En effet, les matières premières en questions ont beau être tolérées par certains labels bio, elles n’en restent pas mois agressives pour la peau.
Pour moi, un produit bio doit prendre en compte plusieurs facteurs : l’impact sur l’environnement, le mode de production, mais aussi l’impact sur l’utilisateur. C’est pourquoi, je privilégie pour ma part plutôt le label Nature et Progrès, plus restrictif, ou encore l’utilisation de produits bruts, non transformés dès que je le peux.

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9 Commentaires sur "Le cas du shampooing doux So’ Bio Etic."

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trochuc
Invité
trochuc
1 année 10 mois plus tôt

En ce qui concerne la marque COSLYS il serait bien de préciser dans ce blog que c’est une marque qui ne teste aucun de ces produits sur les animaux ce qui selon moi devrait être le premier critère mis en avant pour sa publicité et son achat.
Il est plus qu’important de refuser tout produit quel qu’il soit testé sur des animaux qui sont des êtres vivants et ne sont pas là pour « le confort des humains » !

Le coKon
Invité
1 année 10 mois plus tôt

Super article qui décortique un cas de greenwashing. Je partage sur Twitter.

Girly Traveller
Invité
Girly Traveller
1 année 10 mois plus tôt

à 5€ les 250ml, il est difficile de s’attendre à une quantité astronomique de composés nobles. comme pour tout, on a ce que l’on paie donc très honnêtement, la composition de ce produit ne m’étonne pas du tout.

Linux VPS
Invité
Linux VPS
1 année 5 mois plus tôt

Les deux shampooings Weleda sont bien loin des standards de la cosmetologie naturelle et, en ce qui concerne les tensioactifs, se rapprochent plutot des produits conventionnels. C’est en tout cas vrai pour les deux produits commercialises en France et en Allemagne.

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